Horizon Russe : Cinema, Video, Performances et Documents @ Centre Pompidou, Paris [du 20 au 22 janvier]

Horizon Russe : Cinema, Video, Performances et Documents


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20 - 22
janvier
20:00 - 21:00

 La page de l’événement
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou, 75004 Paris
En écho à l’exposition «Kollektsia! Art contemporain en URSS et en Russie. 1960 — 2000» (présentée au 4e étage jusqu’au 2 avril 2017), le Centre Pompidou propose avec le soutien de la Fondation Vladimir Potanin un panorama historique et contemporain de la création cinématographique et vidéo russe. Du film culte ASSA (1987) réalisé par Sergueï Soloviov, au cinéma documentaire d’Olga Sviblova reliant les prémisses d’une génération d’artistes « non-conformistes » des années 1950 aux premières années de la libéralisation, en passant par l’art vidéo des années 1990 et 2000, cette programmation est également l’occasion de découvrir à travers des projections commentées la radicalité de l’actionnisme russe et du nécroréalisme de Leningrad.

VENDREDI 20 JANVIER
20H, CINÉMA 2
HORIZON RUSSE
GÉNÉRATION ASSA

À la croisée des genres cinématographiques, ASSA de Serguei Soloviov est considéré, dès sa sortie en 1987, comme le manifeste d’une génération de jeunes russes en quête d’émancipation. Portrait de la scène rock de Leningrad longtemps occultée par le pouvoir, le film condense les aspirations aux changements portées par les principales figures des courants artistiques alternatifs des années 1980 en URSS. ASSA est marqué dans sa totalité par l’influence du cercle de jeunes artistes underground: du personnage principal, le jeune musicien Bananan, interprété par Sergueï Bugaev (Afrika), lui-même artiste, musicien et performer; à une bande originale signée par les groupes cultes « Aquarium » et « Kino »; jusqu’aux décors conçus par les artistes Timur Novikov, Oleg Kotelnikov, Mikhaïl Fedorov-Roshal; cette épopée libertaire affirme la vitalité de la création et de nouveaux idéaux face aux bouleversements politiques de la Perestroïka.

« La vie aspirait à s’échapper des règles imposées par le régime soviétique. La rébellion grandissait. L’espoir de changement était dans l’air quand S. Soloviev prit la décision de faire un film sur la jeunesse, ayant pour priorité la culture secrète et clandestine de l’underground. La jeunesse cherchait des idoles et applaudissait les bardes. » Irina Chylova, Encyclopédie Kirill et Mefodi

Sergueï Soloviov, ASSA, 1987, 35mm (fichier num.), coul, son, 145min. (vost anglais)

SAMEDI 21 JANVIER
16H, CINÉMA 2
HORIZON RUSSE
PORTRAITS NON-CONFORMISTES: OLGA SVIBLOVA

Présenté à la Semaine de la Critique à Cannes, le film Le Carré noir d’Olga Sviblova et Iossif Pasternak traverse trente années de l’histoire de l’art non-officiel en URSS: de la période du dégel sous Khrouschev en 1957 jusqu’à 1987, en passant l’« exposition Bulldozer » de 1974 qui constitue la première tentative, immédiatement dispersée par les autorités, de présenter l’art non-officiel dans l’espace public. Racontée « au présent », cette histoire dessine sa trajectoire au fil de conversations avec les figures majeures de l’art contemporain russe (Erik Bulatov, Ilya Kabakov, Anatoli Zverev, Vladimir Yakovlev, Vladimir Nemukhin) auxquelles les réalisateurs ont décidé d’opposer des reportages officiels de l’époque s’attaquant violemment aux artistes « non-conformistes ». Évocation du Carré noir de Kazimir Malevitch (1915) — œuvre clé de l’avant-garde russe bannie sous Staline et redécouverte à la fin des années 1950 – ce film symbolise cette « période noire », au cours de laquelle toute expression artistique qui ne rentrait pas le cadre officiel, était oppressée et condamnée à la clandestinité.

Réalisé au moment d’une tentative de coup d’état des généraux prosoviétiques contre Mikhaïl Gorbatchev, À la recherche d’une fin heureuse (1991) d’Olga Sviblova témoigne du ressentiment formulé par les artistes contemporains russes à l’égards des bouleversements politiques et esthétiques précipités par la chute de l’URSS. Marquées par un mouvement de libéralisation sans précédent, les années de la Perestroïka (de 1985 à 1991) verront émerger de la clandestinité une scène artistique « non officielle » longtemps condamnée par les autorités. De ces six années charnières, la réalisatrice Olga Sviblova dresse un panorama exhaustif où s’entremêlent aux nombreuses interviews de personnalités (Ilya Kabakov, Ivan Chuikov, Dmitri Prigov, le groupe Mukhomor, pour en nommer quelques-unes) une somme d’archives inédites documentant certains des événements et des lieux majeurs qui auront vu éclore ce renouveau artistique. Séance en présence d’Olga Siblova.

Olga Sviblova & Iossif Pasternak, Le Carré noir, 1988, vidéo, coul, son, 56 min. (vostfr)
Olga Sviblova, À la recherche d’une fin heureuse, 1991, vidéo, coul, son, 53 min. (vostfr)
Olga Sviblova est commissaire d’exposition, auteure et réalisatrice de films documentaires. Elle dirige le Multimedia Art Museum à Moscou (MAMM) dont elle fut la fondatrice en 1996. Depuis le début des années 1990, Olga Sviblova a signé le commissariat de nombreuses expositions en Russie et à l’internationale. En 2007 et 2009, elle supervise le Pavillon de Russie à la 52ème et 53ème Biennale de Venise. Récemment, elle a été co-commissaire de la Monumenta 2014 – « Ilya et Emilia Kabakov. L’Etrange cité » – présentée au Grand Palais à Paris; et a œuvré activement à l’élaboration de «Kollektsia! Art contemporain en URSS et en Russie. 1960 — 2000» présentée actuellement au Centre Pompidou (4e étage jusqu’au 2 avril 2017).

SAMEDI 21 JANVIER
20H, CINÉMA 2
HORIZON RUSSE
LE LOUP (RUSSE) DANS LA BERGERIE: UNE ANTHOLOGIE DE L’ART VIDEO RUSSE

De tous les instruments dont disposent les artistes pour élaborer leurs visions du monde, la vidéo est historiquement assimilée « au loup dans la bergerie », un instrument familier et abordable capable de contrer les intentions politiques et économiques d’une communication globale et simplificatrice. Elle constitue l’outil le plus intime et le plus honnête pour libérer la parole et s’exprimer librement sur le moi. En Russie, les premières caméras vidéo sont devenues accessibles aux artistes dans la seconde moitié des années 1980, lorsque l’État a commencé à perdre son contrôle sur les moyens techniques de la reproductibilité (au cours de cette période d’implosion progressive qui a conduit au démantèlement de l’Union Soviétique, connue sous le nom de Perestroïka). Contrairement à ce qui s’est passé à l’Ouest, environ deux décennies plus tôt, la vidéo a émergé sur la scène artistique russe sur la pointe des pieds et exsangue de discours critiques à l’égard de la télévision traditionnelle et de propension à l’auto-psychanalyse. Plus immédiate et souple dans son usage, la vidéo fut largement utilisée par les artistes russes – chacun selon leurs propres stratégies — pour entamer un dialogue avec un public post-soviétique et établir des passerelles avec le reste du monde après des décennies d’isolement derrière le rideau de fer. Au fil des années, la vidéo en Russie a progressivement gagné en visibilité et s’est affirmée comme l’une des formes de création et d’expressions artistiques la plus directe et libre. Parcourant ces trente dernières années, cette anthologie présente une sélection d’œuvres les plus significatives de l’art vidéo russe. Projection conçue et commentée par Antonio Geusa (en anglais).

Basé à Moscou, Antonio Geusa est commissaire indépendant et critique d’art. Titulaire d’un doctorat en Media Arts (Université de Londres), il est considéré comme le spécialiste de l’art vidéo en Russie. Reconnu pour ses recherches autour de la théorie des arts et des nouvelles technologies, Antonio Geusa s’est vu décerné le prix « Innovation » en 2010. Responsable du département des études au Centre National d’Art Contemporain (ROSIZO), il a occupé récemment les positions de commissaires adjoints pour l’art russe à la Tate Gallery (Londres); commissaire du prix Kandinsky (Moscou) et de l’exposition « Echoes of Eco » (Sotchi, 2016).

DIMANCHE 22 JANVIER
16H, CINÉMA 2
HORIZON RUSSE
PERFORMANCES ET ACTIONS

Historien, critique d’art et professeur à l’université d’État de Moscou, Andreï Kovalev présente un panorama de la création historique et contemporaine en Russie. Conçue comme un parcours documentaire, cette conférence retrace, à travers une sélection d’œuvres et d’enregistrements vidéo, l’histoire de l’actionnisme et de la performance russe. De l’influence des courants et des figures avant-gardistes de la première moitié du XXème siècle (Malévitch, le groupe de Valet de Carreau…) sur l’apparition et le développement de l’actionnisme russe, aux Actions Collectives et leurs « Voyages en dehors de la ville » engagées à partir des années 1970, en passant par les actions d’Alexander Brener, Anatoly Osmolovsky, Oleg Kulik, et les performances de Dmitri Prigov, Vladislav Mamyshev-Monroe, Piotr Pavlensky, Andreï Kovalev retrace une histoire riche et complexe dont la jeune génération des performers russes comme Andreï Kuzkin et Olga Kroitor offrent un prolongement sans cesse renouvelé. Projection conçue et commentée par Andreï Kovalev (en anglais).

Andreï Kovalev est historien, critique d'art et professeur à l'Université d’État de Moscou. Il est l’auteur de Between the Utopias (Craftsman House Roseville East, NSW, 1995), Index des noms (Imennoi ukazatel, Moscou: Novoe literaturnoe obozrenie, 2005), Actionnisme russe 1990-2000 (Moscou: WAM, 2007). Depuis 1990, il est l’un des critiques russes les plus publié à la fois dans la presse spécialisée (Khudozhestvennyi zhurnal, Ogoniok, Artkhronika) et quotidienne (Vedomosti, Izvestia); en 2001-2005 était correspondant moscovite pour Flash Art.

DIMANCHE 22 JANVIER
19H, CINÉMA 2
HORIZON RUSSE
NÉCRORÉALISME: HOMMAGE À EVGENY YUFIT

Evgeny Yufit (1961, Leningrad – 2016, Saint-Pétersbourg) fonde, au début des années 1980, le courant « nécroréaliste » qui devient l’un des mouvements artistiques non-officiels les plus extravagants de Leningrad. Explorant les concepts de mort et de décomposition, appliqués aussi bien au corps humain que politique, le nécroréalisme formule les contours d’un espace critique à l’encontre de l’idéologie soviétique. Leurs premières créations relèvent de mises en scène grotesques empruntant aussi bien à la culture punk qu’aux registres du cinéma de genre et d’avant-garde une esthétique à la fois extravagante, absurde et symboliste. Proche des Nouveaux Artistes et, notamment d’Oleg Kotelnikov, Evgeny Yufit participe également aux actions-concerts de Pop-mekhanika. En 1984, il crée, Mjalalafilm, le premier studio de cinéma expérimental sur le territoire de l’union soviétique. Il collabore par la suite auprès du cinéaste Alexandre Sokourov au studio Lenfilm, pour devenir à la fin des années 1980 l’un des chefs de file du cinéma « parallèle ». Ses films ont été présentés aux festivals de Rotterdam, Locarno, Moscou, Montréal, Toronto. Dans les dernières années de sa vie, suite aux difficultés à financer ses projets cinématographiques, Yufit dirige sa production vers la peinture, le dessin et la photographie. Evgeny Yufit est mort prématurément le 13 décembre 2016.

Yevgeny Yufit, Werewolf Orderlies,1984, 16mm (fichier num.), nb, sil, 5 min.
Yevgeny Yufit, Spring, 1987, 16mm (fichier num.), nb, son, 10 min.
Yevgeny Yufit, Suicide Monsters, 1988, 16mm (fichier num.), nb, sil, 4.11min.
Yevgeny Yufit, Wooden Room, 1995, 16mm (fichier num.), nb, son, 65 min.

Centre Pompidou
75191 Paris cedex 04
téléphone
00 33 (0)1 44 78 12 33
métro
hôtel de ville, rambuteau,
Châtelet-Les halles

Informations
01 44 78 12 33
film@centrepompidou.fr

Horaires
Ouvert de 11h à 21h tous les jours,
sauf le mardi

Tarifs des cinémas
6 €, 4 € tarif réduit, gratuit avec le Laissez-passer (dans la limite des places disponibles)

Cette manifestation est organisée
par le service du cinéma
expérimental du musée national
d’art moderne du Centre Pompidou.

En partenariat avec le Multimedia Art Museum de Moscou.
Avec le soutien de la fondation Vladimir Potanin.

Remerciements: La fondation Vladimir Potanin, le multimédia Art Museum de Moscou, Olga Siblova, Andreï Kovalev, Antonio Geusa, MOSFILM.
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