Dessins de Mémoire - Un Désir sous l’Image de Nathalie Tacheau @ Galerie de la Voûte, Paris [du 8 mars au 7 avril]

Dessins de Mémoire - Un Désir sous l’Image de Nathalie Tacheau


1748
8
mars
 
- 7
avr.
18:30 - 19:00

 La page de l’événement
Galerie de la Voûte
42, rue de la Voûte, 75012 Paris
L’artiste Nathalie Tacheau et la commissaire de son exposition personnelle Marie Cantos ainsi que le directeur Thomas JM ont le plaisir de vous inviter au vernissage de Dessins de Mémoire — Un Désir sous l’Image — Nathalie Tacheau à la Galerie de la Voûte.

> Finissage samedi 7 avril 2018, à partir de 17:00
avec une lecture performée de Marie Cantos & Sylvain Kermici, à 18:00

Exposition personnelle du vendredi 9 mars au samedi 7 Avril 2018,
Du mardi au vendredi 15h30 – 19h00 et le samedi 11h00 – 19h00

Galerie de la Voûte — 42 rue de la Voûte 75012
M°/Tram Porte de Vincennes

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Dessins de Mémoire — Un Désir sous l’Image*

« On a trop souvent l’habitude de ramener par un jeu de pensée, de l’étrange au familier.
Moi je m’efforce de restituer le familier à l’étrange. »
René Magritte, interview avec Lucienne Plisnier, Bruxelles, le 14 janvier 1960

Qu’est-ce que je ne vois pas qu’est ce qui reste en dessous qui frappe sans cesse par le détour en l’autre?

Autres portraits autres corps autres paysages gravures anciennes prises au dépourvue de leurs histoires que je m’approprie l’air de rien — pour ne pas dire la mienne.
Comment évitez que l’émotion ne fasse « monter l’eau à la vue »?

Le mot fait corps avec la ligne. J’aurais voulu écrire. Ne pas montrer — Ne pas voir.
Peut-on éviter le pire? Circulez Y’a rien à voir. Faire semblant d’y croire s’abandonner au présent.
Je m’arrange avec un réel qui ne m’appartient pas «Tout ce passe alors entre l’œil et la main ».
Rapprochements superpositions accumulations.
Ne pas penser — Dessiner – dans une intuition.
Associations d’idées — Je cherche le mot juste.
Mécanique de l’instant.

Souvent saisie par le vide, je m’entoure d’images pour combler l’espace.
Des heures et des nuits sans que rien ne se passe.

Je me demande d’où viennent mes dessins et constate avec terreur que je n’y ai plus accès.
Plus d’accès au lieu à l’espace. Au départ.

J’ai des images.
Certaines m’observent — D’autres m’obsèdent.
Les images me servent de point d’ancrage.

Mes dessins sont autant d’empreintes mentales de territoires inconnus, parcourus, oubliés.
Souvenir écran. Refoulé au loin du présent.

L’intérieur d’un reflet.
Une profondeur traversée en transparence.

Le pire est déjà passé.

Nathalie Tacheau 2018

* Le titre de l’exposition fait référence au court essai « A dessein, le dessin » de Jacques Derrida (« Le dessinateur dessine toujours la mémoire, ou dessine toujours de mémoire dans l’opposition entre perception actuelle, présente et mémoire. ») Les citations entre guillemets sont toutes tirées de ce même texte

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« Bien sûr, la douce cruauté de cet univers singulier fait ressurgir du tréfonds de notre inconscient des images traumatiques, fantasmatiques ou cauchemardesques. Bien sûr.
Mais ce n’est pas uniquement là que réside la force du travail de Nathalie Tacheau.
Ce qui frappe, c’est peut-être davantage la manière dont les œuvres sont élaborées, puis accrochées. Le collage, la répétition et la combinatoire se rejouent ainsi souvent dans de véritables installations. Or, ces dessins et ces installations mettent en jeu plastiquement des processus que l’on peut relier au travail psychanalytique: il y est question d’images récurrentes (la répétition du motif), voire d’obsessions personnelles (la réitération dans différents contexte de ces mêmes motifs), il y est question de strates, d’éléments à demi-cachés, à demi-dévoilés, de souvenirs écrans (la dialectique du « dessus / dessous » évoquée par Bernard Point), parfois d’oubli, de déni ou d’occultation volontaire (le recouvrement), etc. Et puis, il y est surtout question d’association libre tant dans l’assemblage des différents éléments) que dans le mode d’accrochage (…) où, le visiteur ayant tout loisir de choisir son propre cheminement visuel, d’opérer des rapprochements, de ré-agencer mentalement les œuvres. »

Extrait du texte « Plutôt la barbarie que l’ennui » de Marie Cantos (2014)

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L’exposition personnelle de Nathalie Tacheau intègre également une photographie d’ Eric Mieszezak et un poème de Sylvain Kermici écrit pour l’occasion. Une édition a été réalisée par Les éditions derrière la salle de bains.

Marie Cantos, commissaire de cette exposition et complice artistique de longue date de l’artiste Nathalie Tacheau, est auteure de textes, d’expositions, d’objets imprimés et de conférences performées. Elle est membre associée du Laboratoire de recherche VOIR à l’ESADHaR – site de Rouen et vient de prendre la direction artistique d’ ART ON PAPER, salon international de dessin, en collaboration avec BOZAR (Bruxelles 2018 > 2021)

Plus d’infos ici ⬇
galeriedelavoute.com/Dessins-de-memoire-un-desir-sous-l-image-Nathalie-Tacheau

#nathalietacheau #mariecantos #galeriedelavoute
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